— Monsieur Pecq-Vizard, ce raisonnement est inattaquable…
Pecq-Vizard paraît inquiet. Il n’aime pas les gens qui lui donnent trop vite raison.
— Je dois vous dire, continue Marcel, que nous comptons donner bien plus de trente ou quarante pour cent aux créanciers de mon père. J’espère qu’ils auront la totalité.
— Vous espérez, mon garçon, vous espérez…
— Tiens ! Vous ne me tutoyez plus, monsieur Pecq-Vizard ?
— Si, je te tutoie, répond Pecq-Vizard gêné, mais je ne t’avais pas vu depuis quelque temps. Il me semble que tu es plus grand garçon maintenant…
— Vous pouvez continuer à me tutoyer… ça ne me gêne pas… je vous disais donc que nous espérions…
— Que vous espériez : ce ne sont que des espérances.
— Il se peut qu’elles soient déçues. Mais nous avons autre chose à vous remettre aujourd’hui. Vous comprenez bien, monsieur Pecq-Vizard, que nous n’aurions jamais été déranger un homme comme vous qui a ses journées occupées par des conseils d’administration, pour ne lui verser que de l’espoir.
M. Pecq-Vizard ne sait où Marcel veut en venir. Son visage trahit de l’incertitude et l’incertitude, chez lui, s’appelle toujours méfiance.