Marcel cependant a ouvert sa serviette : il en a tiré non pas un chèque, mais trois liasses de billets.
— Voici ce que vous avez prêté à papa.
— C’est toi qui me le donnes ?
— Moi, non. C’est papa qui vous le rend.
— C’est toi qui le donnes pour lui ?
— Monsieur Pecq-Vizard, ça, c’est les affaires de la maison. Vous avez eu l’obligeance de prêter trente mille francs à mon patron. Comme j’ai repris ma place chez lui (avec de l’avancement), c’est moi qu’il a chargé de faire en son nom cette restitution.
— Si je t’ai posé une question, dit M. Pecq-Vizard, c’est que je m’intéresse tout de même un peu à votre situation…
— Comme vous nous l’avez prouvé bien des fois. Toutes les fois que, dans une situation florissante, nous avons fait appel à votre obligeance, nous avons constaté le vif intérêt que vous nous témoigniez.
— Tu veux dire ?
— Je veux dire ce que vous avez dit vous-même tout à l’heure. Vous êtes venu au secours de papa sans savoir qu’il était à un moment difficile. Vous êtes plutôt l’ami des jours heureux. Ce n’est pas si mal que ça. Il y a tant de gens qui sont jaloux et qui supportent mal la prospérité des autres.