— J’en ai sous la main.

— Il demande en outre que tu signes les billets de ton nom et de ton initiale seulement. C’est la même que l’initiale de ton père…

— Pourquoi ? C’est pour faire circuler les billets plus facilement ?

— Non, puisque je lui ai demandé de ne pas les mettre en circulation, et affirmé que tu les paierais avant la présentation.

— C’est donc qu’il a l’intention de les faire circuler tout de même ?

— Je te dis que non. C’est un prêteur, un usurier si tu veux, mais il est de très bonne foi en affaires. D’ailleurs, il n’a jamais estimé qu’il faisait des affaires incorrectes. Il sait que ce n’est pas légal. Alors il se dit simplement que, pour être en règle avec sa conscience, il n’y a qu’à se garer de la loi. Du moment qu’il affirme qu’il gardera les billets, il les gardera.

— Mais alors, pourquoi veut-il que je signe de cette façon-là ?

— C’est ce que je me suis demandé. Je ne suis pas un enfant, et je n’ai pas attendu après toi pour me faire cette objection. Mais j’ai compris qu’il veut te tenir. Il pense que tu t’occuperas plus activement du remboursement si tu crains que les billets en question puissent tomber sous les yeux de ton père.

— C’est absolument certain qu’il sera payé avant l’échéance.

— … Je te crois… Mais, tu sais, un mois avant, on se fait toujours des illusions. On se dit : dès demain, je vais m’occuper du remboursement. Demain passe et les autres jours, et la fin du mois arrive avant qu’on l’attende.