— Tu connais ça, mon vieux Gustave, dit Marcel en riant.
— Avant que tu sois au monde.
— Mon petit Gustave, tu viens de me sauver la vie. Qu’est-ce que je vais faire pour toi ?
— Tu plaisantes, je crois ?
— Je te donnerai cinq cents francs !
— Rien du tout. Je puis te dire que cet individu veut à toutes forces me donner trois cents francs, et que j’avais l’intention de te les remettre.
— Je te demande un peu ! Tu me feras le plaisir de les garder !
— Je ne te les remettrai pas tout de suite, parce que j’en ai besoin pour une affaire que j’ai en vue, mais dès que j’aurai signé cette affaire, non seulement je te donnerai ces trois cents francs, mais même pourrai-je t’aider à rembourser ton prêteur.
— Bon ! bon ! dit Marcel, nous verrons cela…
— Je ne t’empêche pas, dit Gustave, d’envoyer des bonbons à ta cousine Mathilde… Elle n’en aura pas l’air, mais ça lui fera plaisir. Elle me dira avec son ton qu’elle prend quelquefois — c’est une bonne femme, tu sais ? — elle me dira que tu lui devais bien ça, parce que probablement j’ai été faire des courses pour toi. Ça ne l’empêchera pas, quand elle recevra ses amies, et que je ne serai pas là, de faire des embarras avec sa boîte à bonbons et de leur dire : « Prenez donc un caramel, c’est une boîte qui nous a été envoyée par notre cousin Langrevin. » Peut-être même ne dira-t-elle pas si c’est ton père ou toi…