Pendant que Mathilde sort en haussant les épaules, Gustave va chercher lui-même M. Noulet.

On comprend tout de suite en les voyant ensemble pourquoi Gustave tient tellement à M. Noulet. La déférence du vieil horloger le replace tout de suite au niveau social élevé d’où le ton méprisant de M. Langrevin voudrait le faire descendre.

M. Noulet s’excuse beaucoup de venir déranger chez lui son conseiller, ami attitré.

— Cela ne fait rien, dit Gustave avec condescendance. Il a le geste d’un monsieur assez indépendant pour ne pas être l’esclave de ses occupations, si graves et si urgentes soient-elles.

— C’est une lettre à mon proprio pour ma prolongation… je ne peux pas en sortir.

— Voyons, dit Gustave… Oh ! non, non, non, fait-il en parcourant le papier des yeux. Il faut lui écrire autre chose.

— Vous êtes épatant ! dit M. Noulet avec admiration. On en parlait hier avec ma femme. Nous nous disions que, si le bon Dieu était juste, vous devriez être riche à millions…

— Oh ! dit Gustave dédaigneux, ça finit toujours par venir, ces choses-là… Asseyez-vous là, mon brave monsieur Noulet ; je vais vous dicter votre lettre… Qu’est-ce que c’est ? fait-il en tournant vers la porte le visage d’un ministre que l’on dérange en pleine séance du cabinet… Ah ! c’est Marcel ! dit-il en changeant de ton…

— Mon vieux Gustave, je viens t’embrasser. Je pars ce soir pour Bordeaux…

Gustave l’entraîne à part et lui dit à demi-voix :