— Mon petit, tu vas rentrer chez ton père.
— Non, non ! c’est cassé ! fait Marcel avec décision.
— Tu t’es fâché de ce qu’il m’avait dit ? C’était dans la colère ; ça n’a aucune importance. Je ne veux pas que tu te fâches avec ton père à cause de moi…
— Ce n’est pas à cause de toi ; c’est venu à ton propos ; mais ça devait éclater d’un jour à l’autre. Il y a un abîme entre ma famille et moi…
— Je t’assure qu’après ton départ il était déjà plus gentil…
— Ce n’est pas vrai ; tu dis ça pour me retenir, et ça serait vrai, que ça ne changerait rien à ma résolution… Il me reste un millier de francs ; je trouverai ce qu’il me faut là-bas… Au revoir, mon vieux. Tiens ! que je t’embrasse…
— Attends un peu, que je te présente… Monsieur Noulet… Mon cousin Marcel Langrevin…
Et il ajoute :
— Le fils du grand éditeur…
Voici M. Langrevin remis en bonne place par le peu rancuneux Gustave. Celui-ci accompagne Marcel à la porte d’entrée, puis revient auprès de M. Noulet, docilement assis, la plume à la main, à un petit guéridon.