— Tu commences à le connaître, papa. Mais j’ai pris mes précautions. J’ai dit à l’employé qui se trouvait à l’appareil que c’était pour la régularisation d’une opération récente dont M. Pecq-Vizard était venu entretenir M. Langrevin.
— Oui, je vois très bien ce qu’hier il aurait désiré. Il s’était dit : Langrevin va peut-être prendre un arrangement avec ses créanciers. Je ne veux pas être traité comme eux. Ma créance à moi est toute récente. Elle date du moment où Langrevin était déjà mal en point. Ce n’est pas une créance d’affaires. Il faudrait obtenir de Langrevin une reconnaissance de dette plus forte, afin qu’à la répartition je rentre à peu près dans mon argent.
— Ah ! papa ! tu le connais bien ! C’est certainement son idée de derrière la tête, et c’est pour ça qu’il viendra ce matin… Nous allons le recevoir ensemble. Seulement laisse-moi t’adresser une prière : reste calme. Froid, si tu veux, j’aime autant que tu sois froid, mais calme.
— Je ferai ce que tu voudras. Je suis ton employé maintenant.
— Oh papa !
— Ça m’est égal, d’être ton employé. Celui de Girbel, ça m’embêtait un peu.
— En deux mots, voici la situation. J’ai déjà placé la moitié de mon affaire d’Espagne. Pecq-Vizard est tout désigné pour m’en prendre un bon paquet. Je vais lui rendre le bien pour le mal. Je le fais entrer dans une affaire excellente.
— Si ces titres sont si bons, on pourrait trouver d’autres personnes à qui les offrir.
— On a Pecq-Vizard sous la main. On va lui rendre son argent : il sera dans des dispositions adorables dont il serait criminel de ne pas profiter.
— Entrez, Émile. Qu’est-ce que c’est ?