Après avoir dîné à Evreux, on repartit, phares allumés, dans la nuit. Guillaume, qui n’avait jamais voyagé après neuf heures du soir, n’était pas tranquille, d’autant qu’à partir de Lisieux on devait prendre des petits chemins pour arriver à Gerbeville et qu’il était peu probable que la science topographique de Robardet se perfectionnât dans l’obscurité...

La lampe électrique allumée dans la voiture projettait assez de lueur pour qu’on pût examiner le plan. Robardet donnait fidèlement les instructions au mécanicien... Mais il les donnait toujours un peu tard et disait: «A droite! à droite!» quand on s’était déjà engagé sur la route de gauche.

Guillaume était un peu inquiet. Il se demandait comment tout cela allait finir...

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Cela finit de la façon la plus simple du monde:

A un tournant du chemin, la voiture alla dans une barrière, qu’elle coucha sous elle, pendant que le lecteur du plan annonçait:

—Un passage à niveau!

Il ne se trompait pas. C’était bien un passage à niveau...

La cinquante-chevaux alla donner contre un petit mur qui se trouvait de l’autre côté de la voie. On entendit un fracas terrible...: les phares, brisés, s’éteignirent... Quelques instants après l’homme du passage à niveau arriva avec une lanterne—car les gardiens des passages à niveau ont toujours des lanternes allumées à côté de leur lit, afin d’arriver en toute hâte auprès des chauffeurs blessés qui sont venus heurter, la nuit, les passages à niveau dépourvus de lanternes.