—Oui, j’en ai une. Tu en trouveras une pareille à Chartres.
—Eh bien, passe-moi la tienne. Je t’en achèterai une autre à Chartres.
A Chartres, il n’en fut plus question. Gédéon, d’autorité, déclara qu’on ne s’arrêterait pas. On avait perdu du temps au départ, qu’il fallait absolument rattraper.
On dut s’arrêter tout de même à la suite d’une crevaison, dans un petit village. Gédéon, qui n’avait pas de monnaie, nous demanda vingt sous pour s’acheter des cartes postales. Puis, il lui fallut des timbres. J’avais un petit carnet de figurines, qu’il trouva très pratique. Il prit ce qu’il lui fallait pour ses cartes.
—Je garde le reste pour les besoins futurs de notre petite troupe, dit-il en mettant le carnet dans sa poche.
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Nous arrivâmes pour dîner à Angers, où nous dûmes passer la nuit. Nous avions trois bonnes chambres à l’hôtel. Gédéon avait pris celle du milieu, qui faisait le coin sur la place.
—Mes enfants, dit-il, moi j’avais la place de devant. Je ne descends pas dîner avant d’avoir procédé à un nettoyage soigné. Qui est-ce qui a de l’eau de Cologne à me prêter?
Nous mîmes à sa disposition chacun un flacon d’eau de Cologne. Il flaira les deux bouteilles, et en choisit une. Dix minutes après, je le vis entrer dans ma chambre.
—As-tu, me dit-il, une brosse à dents neuve?