—J’en ai une, mais elle n’est pas tout à fait neuve.

—Comment? s’écria-t-il, quand tu voyages tu ne peux pas t’acheter une brosse neuve?

Il s’éloigna vers la chambre de Frédéric, puis revint triomphalement, tenant une brosse à dents toute neuve à la main.

—Tu vois, me dit-il, Frédéric n’est pas comme toi.

—Mais, est-ce qu’il ne se sert pas de sa brosse?

—Ce n’est pas la peine, ce soir. A l’arrière, vous n’aviez pas de poussière. Tandis que moi, je ne boulottais que ça. Mais, mes petits vieux, comme je ne suis pas tout à fait prêt, vous allez me faire le plaisir de descendre, et de faire préparer le dîner.

Nous descendîmes, Frédéric et moi. Installés dans la salle du restaurant, nous attendîmes l’arrivée de Gédéon.

—Il est tout de même un peu épatant, dit Frédéric. Il m’a pris ma brosse à dents, ma brosse à habits et mon peigne. Il m’a demandé également de la pâte dentifrice, ma lime à ongles, mon coupe-ongles, et m’a attrapé parce que je n’avais pas de pommade pour les ongles.

—Mais enfin, je me demande où il met son linge de rechange. Car il ne va certainement pas voyager pendant huit jours avec la même chemise, le même caleçon, la même paire de chaussettes, sans compter qu’il n’a pas non plus de chemises de nuit.

—Peut-être s’achète-t-il du linge dans les villes. Je connais des gens comme ça.