— Jamais, dit Berthe.
— Jurez-le-moi.
— Je vous le jure.
Il resta sombre. Elle n’avait pas bien juré.
Il pensait aussi à d’autres questions, à toutes sortes d’autres questions qu’il n’avait pas posées encore.
— Eh bien ! Berthe, voyons, décide-toi, dit Mme Voraud.
— Je vais mettre mon chapeau, dit Berthe.
Elle alla dans une autre pièce, où elle avait laissé sa veste et son chapeau. Elle espérait sans doute que Daniel l’y rejoindrait. Mais il ne la suivit pas. Il voulait rester fâché. Il n’irait même pas la reconduire chez elle.
Pourtant, il ne put se décider, quand elle revint chercher ses parents, à ne pas les accompagner. Elle partie, il resterait seul avec tous ses soupçons. Il voulait rester avec elle le plus longtemps possible, pour laisser à une explication plus complète la chance de se produire. Sur la route, M. et Mme Voraud marchaient devant. Daniel et Berthe les suivaient dans la nuit, côte à côte. Il ne lui dit rien pendant le chemin. Seulement, comme on arrivait près de la maison Voraud, il s’arrêta et l’arrêta sous le dernier réverbère. Il regarda le visage de sa fiancée et lui dit : Je suis malheureux !
Elle répondit avec un sourire un peu douloureux : Daniel, mon cher Daniel, moi qui vous aime tant !