— Tu ne nous gênes pas, dit Berthe.

— Allez-y seuls, dit Mme Voraud… Mais savez-vous ce que vous devriez faire pour faire plaisir à papa ? Venez dîner chez nous, au lieu d’aller au restaurant vous abîmer l’estomac.

— Il n’y a personne chez nous ? dit Berthe.

— Il n’y a que papa et moi. Nous étions tout tristes de déjeuner seuls à midi.

Berthe regarda Daniel.

— Qu’est-ce que vous en dites ?

Daniel l’attira à lui et l’embrassa tendrement, comme s’il eût été prêt aux plus grands sacrifices.

— Tout ce que tu voudras.

— Eh bien, c’est entendu ? dit Mme Voraud. Je rentre chez moi pour dire que vous dînez. N’arrivez pas trop tard si vous voulez arriver de bonne heure au théâtre.

A peine avait-elle refermé la porte, que Daniel et Berthe s’embrassèrent fougueusement, comme s’ils s’abandonnaient à une ardeur longtemps contenue.