— Alors, vous monterez Mouche, dit le palefrenier, en désignant la croupe d’une jument baie.

— Elle est un peu chaude ? dit Daniel.

— Elle ? dit le palefrenier. Il n’y a pas plus doux.

Il s’approche de la bête, lui passe la main sous la cuisse et lui donne des tapes amicales. Puis, il lui prend le pied de derrière, le pose sur son genou, et retire une motte de fumier collée après le fer.

— Elle trotte sec, dit-il, en lâchant le pied. Mais ça vaut mieux, dès l’instant que vous faites du trot à l’anglaise.

— Vous m’avez dit l’autre jour, dit Daniel, qu’elle avait peur du chemin de fer ?

— Mais non, mais non, dit Alfred. Elle danse un peu. Vous la tiendrez dans les jambes.

Daniel se décide à prendre Mouche. Il amènera l’écuyer, sans en avoir l’air, à aller du côté de Fleurigny, de façon à ne pas rencontrer le chemin de fer.

— Et qu’est-ce que va monter monsieur Adrien ? dit-il encore.

— Lui ? dit Alfred. Il monte Baba, le petit cheval entier.