Daniel ne dit rien. Une pensée le tracasse. Mais il a déjà posé beaucoup de questions à Alfred… Il ne peut s’empêcher de dire :
— Oui, le petit cheval entier… Il est bien embêtant, et il saute beaucoup, quand il sort avec la jument.
Puis, comme Alfred ne le rassure pas, il se rassure lui-même :
— Heureusement que Monsieur Adrien le tient bien.
— Oui, il a la main assez dure, dit Alfred à ses dents. Il n’en craint pas un, pour la question d’abîmer la gueule aux canards.
M. Adrien apparaît, peu après, à l’entrée de l’écurie.
— Vous m’excuserez, dit-il à Daniel, j’ai rencontré un ami, un ancien vingt-huit jours, avec qui j’ai été boire un verre. Alfred, dit M. Adrien, avez-vous sellé Page, pour Monsieur ?
— C’est que, dit Daniel, j’aimerais mieux monter la jument.
— A votre idée, dit M. Adrien. Est-ce que Kroumir est toujours à vif sur le dos ?
Il s’approche de Kroumir, dont il touche la plaie du bout du doigt. Kroumir fronce fortement sa peau autour de la blessure, frappe le sol avec la pointe de son sabot de devant, et remue sa forte tête. La chaîne de son licol racle l’anneau de fer avec un bruit violent.