Tel valet de ferme, qui leur avait donné un coup de main pour seller leur cheval ou pour leur corvée de litière, en était récompensé fraternellement par un petit verre à la cantine. Cet homme, qui ne parlait jamais, de qui les officiers et les sous-officiers, à la théorie, ne pouvaient arracher la réponse la plus simple, racontait sa vie aux jeunes volontaires, leur disait ce qu’il avait laissé chez lui et ce qu’il y retrouverait. Ce n’était pas attendrissant, c’était simplement vrai. Ils découvrirent un être assez pareil à eux chez cet individu si différent d’aspect. Mais ils ne furent émus de tout cela que plus tard…

Au moment où la classe partait, Burel sortit la montre d’argent que Paul lui avait confiée : c’était lui qui s’occupait du fourbi et qui devait préparer à l’heure le casque, la bride, le sabre, l’uniforme.

— Garde-la, Burel, va !

— Tu me la donnes ?

Ils s’embrassèrent. Ce n’était pas une formalité. Peut-être sentaient-ils qu’à ce moment la poignée de mains ne suffisait pas. D’ailleurs ils ne se revirent jamais. Mais à quoi bon ? Ils s’étaient appris l’un à l’autre à ne pas trop détester le genre humain.

TABLE

Pages

I.

Souvenirs épars

[5]

II.

Service en campagne

[23]

III.

Bretagne indisponible

[33]

IV.

Un jour à pied

[43]

V.

En permission

[60]

VI.

Où, devant un auditoire…

[70]

VII.

Hôtel recommandé

[79]

VIII.

Chevaux en liberté

[88]

IX.

Reîtres

[97]

X.

Maxime

[132]

XI.

Les dernières semaines

[140]

XII.

Épilogue

[150]

ACHEVÉ
D’IMPRIMER
LE TRENTE ET UN DÉCEMBRE
MIL NEUF CENT DIX-SEPT,
PAR ARRAULT, A TOURS,
POUR GEORGES
CRÈS ET Cie.

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