Va vite, léger peigneur de comètes!
Les herbes au vent seront tes cheveux;
De ton oeil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes....
Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux....
Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes....
Ne fais pas le lourd; cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux....
Ils te croiront mort—Les bourgeois sont bêtes—
Va vite, léger peigneur de comètes!
Ici reviendra la fleurette blême
Dont les renouveaux sont toujours passés....
Dans les coeurs ouverts, sur les os tassés,
Une folle brise, un beau jour, la sème....
On crache dessus; on l'imite même,
Pour en effrayer les gens très-sensés....
Ici reviendra la fleurette blême.
—Oh! ne craignez pas son humble anathème
Pour vos ventres mûrs, Cucurbitacés!
Elle connaît bien tous ses trépassés!
Et, quand elle tue, elle sait qu'on l'aime....
—C'est la male-fleur, la fleur de bohème.—
Ici reviendra la fleurette blême.