Ces quatre prévenus étaient:
Giuditta Guastamacchia, âgée de trente-trois ans;
Nicolas Guastamacchia, son père, âgé de soixante-six ans;
Pietro de Sandoli, médecin, âgé de vingt-neuf ans;
Michel Sorbo, sbire, âgé de vingt ans.
De l'acte d'accusation ressortaient les faits suivants.
Une jeune fille, née à Terlizzi dans les Pouilles, s'était fait remarquer dès sa première jeunesse par la férocité de son caractère. Sa constante occupation, son plus grand plaisir étaient de mettre en morceaux de jeunes chats, de déchirer vivants de petits oiseaux, de faire mal enfin à tout être plus faible qu'elle; de sorte que ses douze premières années s'étaient passées sans que l'on pût lui apprendre aucun des travaux de son sexe et sans qu'on eût pu lui faire entrer dans la tête même l'ombre d'une idée religieuse.
Néanmoins, au fur et à mesure qu'elle grandissait, Judith devenait belle, les lignes de sa physionomie étaient gracieuses, ses yeux beaux et brillants; mais leur regard altier et présomptueux révélait une âme disposée à suivre la tendance effrénée des sens.
L'amour, qui est un sentiment noble chez les personnes heureusement douées, devient une impulsion purement bestiale dans les cœurs pervertis. Jeune, elle s'abandonna donc à la débauche, et, parmi ses nombreux amants, en revint toujours de préférence à un certain Stefano Daniello, son parent à un degré éloigné, jeune homme de mœurs complétement dissolues.
Elle se nommait Judith Guastamacchia.