[18] Victor Develay traduit par « archers ». Ce bibliothécaire ne recule jamais devant une explication à la portée des simples. Forcellini pourtant, ni Du Cange ni la Crusca ne traduisent le mot Scutones, ni deux lignes plus bas le mot parthecas. Convient-il de lire parthicas?
[19] Flagellum, cujus lora plumbeis globulis in extremo instructa erant. Du Cange, Glossaire. Serait-ce la nagaïka russe ou mieux la « plombée » de Froissart? Mais ne faut-il pas traduire par « arbalète »?
Encore une chose sur quoi vous devez être éclairé : demandez, je vous prie, au docteur Arnoldus de Tongres qui n'est pas manchot en Théologie, s'il est permis de jouer aux dés pour gagner des indulgences. Je connais certains compagnons, grands ribauds, lesquels ont joué toutes les indulgences que leur avait accordées Jacobus de Altaplatea[20], quand il eut terminé le procès de Reuchlin à Mayence. Ils sont trois qui prétendent que de telles indulgences ne profitent à qui que ce soit. Dans le cas où cela, comme je le suppose, serait un péché (et bien est-il impossible que ce ne soit un péché), les trois compères me sont parfaitement connus. Je les signalerai aux Prêcheurs qui les couvriront de confusion dans les règles. Moi-même, je veux en personne (car j'ai assez de bravoure pour cela) m'évertuer de les réduire par la famine.
[20] Nom latinisé d'Hoogstraten.
Je n'ai plus rien à vous écrire, sinon qu'il vous plaise saluer de ma part la servante de Quentels, qui ne tardera pas à se vider. Portez-vous bien pancratiquement, athlétiquement, pugiliquement, royalement et magnifiquement, comme dit Erasmus en ses Paraboles.
Donné à Heidelberg.
XLVII
JACOBUS DE ALTAPLATEA, PROFESSEUR TRÈS HUMBLE DES SEPT ARTS INGÉNUS ET LIBÉRAUX, NON MOINS QUE DE SANCTISSIME THÉOLOGIE ; EN OUTRE, DANS QUELQUES PROVINCES DE GERMANIA, MAITRE DES HÉRÉTIQUES, C'EST-A-DIRE LEUR CORRECTEUR, A ORTUINUS GRATIUS DE DEVENTER, DOMICILIÉ POUR LA VIE A COLOGNE, SALUT DANS NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRISTUS.
Jamais ne fut aux ruricoles tant duisante, après une longue sécheresse, la très douce pluie, et tant bienvenu le soleil après de longs brouillards, que l'a été pour moi votre message expédié à Rome où je l'ai reçu.
D'en avoir fait lecture, une jubilation telle m'a ému que j'eusse pleuré de grand cœur. Il me semblait que nous étions encore dans votre maison de Cologne, quand nous buvions de compagnie un ou deux quartauds, soit de vin, soit de bière, et que nous prenions plaisir au jeu de l'Oye : aussi ma pensée était en fête.