Avait celui qui gît sous cette pierre osé tous les forfaits.
AUTRE
Pleurez, mauvais! gaudissez-vous, braves gens! une seule mort, entre ces deux
Troupes survenant, enlève à ceux-ci, donne à ceux-là.
AUTRE
Ici gît Hogstratus, lequel, vivant, souffrir et endurer
Les méchants ont pu, ains jamais les bons :
Lui-même se retire de la vie, indigné contre elle,
Marri de ce que le pouvoir de nuire encore lui est tollu.
Le plébain et moi, quand nous eûmes ce libelle trouvé, nous l'emportâmes sur-le-champ à la maison et procombâmes dessus pendant huit ou quatre et dix jours, sans le pouvoir entendre. Il me semble que j'y dois être mécanisé, à cause que le nom d'Hogstratus figure dans ces vers. Néanmoins, je cogite que ce ne peut être moi qu'ils atteignent : en effet ce n'est pas ainsi que je me nomme en latin, mais bien Jacobus de Altaplatea, sinon, en vulgaire, Hoogstraeten. C'est pourquoi je vous fais tenir la lettre afin que, l'ayant interprétée, il vous plaise mettre fin à mon incertitude et me dire si c'est de moi ou d'un autre qu'il s'agit. Si c'est moi (ce que je me refuse à croire, car il est évident que je ne suis pas mort), je veux alors mener une enquête ; puis, lorsque je tiendrai l'auteur, je lui chaufferai un bain qui ne lui donnera pas de quoi rire. La chose est bien aisée ; en effet, j'ai ici un bon fauteur qui est mon âme damnée, Stafir, cardinal de Saint-Eusebius. Il fera le nécessaire pour que notre homme vienne en prison, qu'il y mange du pain et de l'eau et qu'il y prenne le trousse-galant. Par ainsi, faites diligence ; écrivez-moi au plus tôt votre sentiment et corroborez ma certitude.