Un ange vivant, un pin aux fruits d’or,

Ont possédé la fleur de mes jours

Durant seize ans...

Douze et seize font bien vingt-huit, ce qui montre que malgré l’exil à Sienne il était resté fidèle, et ce pin aux fruits d’or nous désignerait la famille de son adorée si nous étions suffisamment initiés aux mystères du blason.

Depuis 1455 il vivait à Milan, à la cour du duc Francesco Sforza, près duquel il avait été chercher fortune, qui l’avait accueilli avec faveur et qui le garda près de lui jusqu’à sa mort, arrivée en 1466. Ce fut là qu’il composa une bonne partie de ses œuvres. Le poème à la Vierge dont il vient d’être question, n’était pas son premier essai littéraire, et il avait débuté par des compositions d’un tout autre genre, plus conformes à son tempérament amoureux, car dans son Invocation du début il dit à la Madone:

E pria che Morte in me l’arco suo schocchi,

Redrizza, prego, in laude de toi rai,

Le mie lascive rime e i versi sciocchi.

Avant que Mort sur moi ne détende son arc,

Redresse, je t’en prie, en los de tes rayons,