«Que ferons-nous? que deviendrons-nous?—Messire, que va nous dire votre femme Béatrix, vos deux enfants Hernaud et Gérin?

—Allons les attaquer! s'écrie Rigaut, je ne prise ma vie la valeur d'un sol angevin.

—N'en faites rien, sire, dit l'abbé Liétris. Fromont est puissant, de haut lignage, et renforcé d'amis.—Portons plutôt ce cadavre droit à Metz, au duc Garin qui nous dira ce qu'il convient de faire.»

—«Tout à votre plaisir, a reparti Rigaut.»

A ces paroles, les francs gentilshommes s'en retournent chez leur hôte à Valenciennes.—Ils apportent la bière dans la salle.—Les damoiseaux de prix et les belles dames aux simples visages vont la visiter.—«Dieu! quel dommage!» se disent-elles l'une à l'autre.—Un grand luminaire brûle autour du corps.

«Pour Dieu, bel hôte, écoutez ma prière, s'écrie Rigaut en appelant Béranger.—Conduisez-moi droit à Crespy, et je vous donnerai cette robe.»

Et Béranger répond: «Sire, grand merci.»

Rigaut monte à cheval et s'en part des autres barons.—Son hôte le guide et le jour et la nuit.—Ils passent l'Oise dans un petit batel, traversent le bois et la forêt.—Ils en étoient dehors, et midi étoit passé, quand Béranger montra au duc Crespy dans le lointain:—Puis, ayant pris congé de lui, il s'en revint à Valenciennes.

—Rigaut ne but ni ne dormit, tant qu'il ne fût arrivé à Paris où séjournoit la franche impératrice.