«Dame, entendez-moi, et ne dites mot de ce que je vais vous annoncer; cachez-le, au nom du Dieu de vérité.

—Volontiers, bel ami.

—Mon maître, le puissant prince qui m'a élevé, est mort, dit Rigaut.»

La dame a frémi à cette nouvelle.—Longtemps elle resta sans parole, et elle alloit tomber évanouie, quand Rigaut la retint dans ses bras.

«Dame, au nom de Dieu, grâce; ne jetez point de cris, et ne donnez aucun signe de douleur, afin que grands et petits ignorent l'évènement.—Je veux frapper à mort nos ennemis avant qu'ils aient eu le temps de s'en douter....—Mais une chose prodigieuse, et à laquelle je devois m'attendre, est arrivée..... Mon cheval est tombé mort sous moi.

—Que cela ne vous inquiète, neveu, a dit la dame, vous en aurez un autre aussi grand et aussi vigoureux.»

Elle appelle alors son chambellan David:

«Donnez à Rigaut ce destrier arabe que m'offrit l'abbé de Cluny.—Je vous recommande en outre de l'accompagner.