—Oh! repartit Eyolf, je n'ai pas cette opinion de moi-même, et je ne sais vraiment...
—Trêve de phrases! interrompit Flose, que tout ce préambule agaçait; je viens te prier de te charger de mon affaire contre le gendre de Nial.»
Eyolf se leva d'un air majestueux et scandalisé à la fois.
«Je vois maintenant, répliqua-t-il, où tendaient toutes ces belles paroles; croyez-vous donc que je suis un de ces hommes que chacun peut tourner à sa guise?»
Flose lui mit doucement la main sur l'épaule, et le forçant à se rasseoir entre lui et Viarne:
«Écoute-moi donc. Il faut, je le sais, plus d'un coup de cognée pour abattre un arbre.»
Ce disant, il tira de son doigt un anneau d'or du plus grand prix, et, le passant à la main de l'homme de loi:
«Accepte ceci comme un gage de l'esprit de sincérité qui m'anime.
—S'il en est ainsi, répondit Eyolf, je ne puis vraiment rien te refuser; seulement garde-toi bien de dire que j'ai reçu de toi quelque chose; ta cause serait perdue avant d'être plaidée.
—C'est pure affaire d'amitié entre nous,» repartit Viarne au jurisconsulte, et là-dessus les deux amis s'éloignèrent.