Tiolstolf s'éloigna avec un ricanement plein de menace.

Osvif cependant, accompagné de quelques-uns de ses gens, avait gravi les pentes voisines à la recherche du bétail égaré. Chacun battant les buissons de son côté, il se trouva un moment seul derrière un haut massif de rochers. Soudain une voix s'écria près de lui:

«Un dernier mot de l'esclave au maître!»

C'était Tiolstolf qui, clandestinement, avait escaladé la montagne, et le menaçait de sa hache levée. Osvif se retourna brusquement, et tâcha de saisir au corps son ennemi; mais avant qu'il eût pu l'étreindre l'arme terrible lui retombait sur la nuque, et il rendait l'âme avec des flots de sang.

Tiolstolf lui arracha l'anneau d'or qu'il portait au doigt, recouvrit son corps de cailloux et redescendit vers le bœr.

«Osvif est mort!» dit-il à Halgierde.

Celle-ci, sans en demander plus long, éclata d'un rire sardonique et dit:

«C'est bien, va-t'en de ce pas trouver Rut.»

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* *

Tiolstolf enfourcha son cheval, et s'en alla d'une traite jusqu'à la Rutstad. Il faisait nuit quand il arriva: tout le monde était couché dans la ferme.