Ici, pour la première fois de sa vie, Gunnar ne remporta pas la victoire. Au moment décisif, le poney d'Halgierde, pressé par une maîtresse écuyère, s'enleva d'un élan formidable en bousculant presque au passage le cheval monté par le fils d'Hamund, et arriva le premier à la haie.
«Mauvais présage! dit Nial à Kulskiag; ou je me trompe fort, ou il y a là comme un signe que, si le désaccord entre dans le ménage, ce sera Halgierde qui finalement l'emportera sur Gunnar le vaillant.»
CHAPITRE VIII
entre bergtora et halgierde
Halgierde cependant déploya tout d'abord à Lidarende une activité et une bonne humeur qui firent le plus grand plaisir à Gunnar.
«Pour cette fois du moins, disait ce dernier à Nial, ta double vue me semble en défaut; on trouverait avec peine une ménagère plus entendue que la fille d'Hogi.
—Je m'en réjouis autant que toi, Gunnar, bien que la pire énigme de la vie soit de savoir combien de temps ce qui est bon reste bon, et combien de temps aussi ce qui est mauvais ne devient pas pire.»
Aux approches de l'hiver, le nouveau couple fut invité à un grand festin que le fermier de Bergtorsvol avait coutume de donner chaque année à ses parents et à ses amis.
C'est le moment d'informer le lecteur que Nial avait six enfants, trois fils et trois filles. Sa femme, Bergtora, était une personne au cœur excellent, mais d'un caractère très entier, vindicative, comme toute Islandaise, et, comme toute Islandaise aussi, vive et acerbe à la repartie.