propos de femmes et couplets de skalde

On a vu que, dans les bœrs islandais, les femmes avaient un logis à part, sorte de gynécée ouvert où elles travaillaient et jasaient ensemble; ce qui n'empêchait pas les hommes de venir aussi de temps à autre prendre part au bavardage et à la gaieté qui ne cessaient de régner en ce lieu.

Or, un jour qu'Halgierde se trouvait ainsi dans sa stofa avec sa fille Thorgierde, son gendre Thraen et Sigmund, le cousin de Gunnar, quelques mendiantes se présentèrent. Selon l'usage du pays, la maîtresse du logis les fit entrer et asseoir; puis elle leur demanda ce qu'il y avait de nouveau «par le monde».

«Rien que nous sachions, répondirent-elles.

—Où donc avez-vous passé la nuit?

—À Bergtorsvol.

—Ah! et que faisait Nial?

—Ma foi, toute son occupation consistait à se tenir silencieux dans un coin.

—Et ses fils?

—Pour ceux-là, reprirent obséquieusement les pauvresses, on ne sait guère à quoi ils sont bons. Skarphédin pourtant affilait une hache, Grim arrangeait un arc, Helge mettait une poignée à un glaive, et Atle assujettissait une prise à un bouclier.