Dick me regarda.
— Oui bien! Monsieur, grimper à cet arbre; mais ce serait long, et nous avons un moyen plus simple.
— Et lequel?
— Couper la queue de la bête avec une balle.
— Eh bien! essayez, Dick, reprit Robert… C'est un fin tireur, ajouta mon ami en se tournant vers moi.
Le vieux bushman parut flatté de ce compliment; il se recula de quelque pas et ajusta lentement la bête; le coup partit, et Néro se précipita sur l'opossum qui venait de tomber.
— Pas plus difficile que cela, dit le bushman en rechargeant son fusil; la queue est coupée au ras de la branche.
Je le félicitai chaudement, et, tout joyeux, j'examinai la proie qui avait failli m'échapper.
Quand nous rentrâmes au camp, il était une heure du matin; nous rapportions sept opossums, dont deux tués par moi.
Mon premier soin, le lendemain en me réveillant, fut d'examiner notre chasse. Les opossums que j'avais là devant moi, étaient de la grosseur d'un fort lièvre; le plus lourd pesait environ huit à dix livres. Le pelage était, brun fauve et bien fourni; le dessous du corps et l'intérieur des pattes, gris clair; la queue, aussi longue que le reste du corps, était garnie, en dessus, de longs poils, en dessous, absolument nue; c'est sans doute ce qui permet à l'opossum de s'en servir pour s'accrocher ou se soutenir; les pattes, d'inégale grandeur, celles de devant un peu plus courtes que celles de derrière, étaient armées de griffes longues et acérées. La tête fine, le nez pointu, les yeux très grands et surmontés d'une tache brun clair qui chez les chiens s'appellent: feu. Cette particularité l'a fait nommer: quatre-oeils, dans certaines contrées de l'Amérique du Sud, où il est très abondant. En résumé, ce charmant petit animal m'a bien paru faire partie de la famille des sarigues et kanguroos et, par conséquent, être un marsupiau.