Ton frère,

Henri BISMUTH.

Lettre de Henri BONHOMME, 63e Bataillon de Chasseurs Alpins.

28 Février 1915.

Ma tendre Jeannette,

Voilà quelque temps que je n'ai pas reçu de tes nouvelles, mais j'ose espérer qu'elles sont, comme les miennes, toujours bonnes. La température est un peu froide, il tombait un peu de neige au lever du jour, mais cela ne durera pas peut-être. C'est aujourd'hui dimanche. Les cloches tintaient délicieusement ce matin. Nonobstant le cliquetis des armes qui évoque le bruit des combats, elles n'en conservaient pas moins leur douce mélancolie et leur esprit évocateur. Leur mélodieuse voix, qui est celle de la famille, parlait à nos coeurs et c'est par elle que vos inspirations et vos voeux me sont parvenus. Oui, la France se bat sans méchanceté ni sans haine et c'est pour cela qu'elle aura la victoire.

Dans cet espoir, je t'embrasse éperdument, ma chérie, ainsi que mes chers enfants si sages et si beaux.

Henri BONHOMME.

Lettre écrite à ses jeunes élèves par l'Adjudant Henri BOULLE, Instituteur, tombé au champ d'honneur le 1er Janvier 1915.

31 Décembre 1914.