Je laisse à ma femme tous mes biens, propriétés bâties et non bâties.
Je lui reconnais comme sa propriété personnelle tous les meubles, le linge et les effets qui ont été achetés avec son argent personnel et en communauté.
Je lègue à ma filleule Renée Bernard la somme de 1.000 francs (mille francs) due par mon oncle à moi.
J'ai l'espoir que l'argent que je dois à mon père ne sera pas réclamé à ma femme. Je laisse le soin de payer mes dettes par ma femme sur ce que je lui laisse.
Ma dernière pensée sera pour tous ceux qui me sont chers, pour ma femme d'abord, puis mon père et tous les miens que ma mort pourrait attrister.
Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal et je remercie ceux qui m'ont fait du bien.
Je demande pardon à tous les miens pour toutes les peines que j'ai pu leur faire.
Je veux que ma mort n'achève pas la vie de ma femme. Je veux qu'elle se remarie avec quelqu'un qui l'aime comme je l'ai aimée, et qu'elle soit heureuse, à moins que, trop attristée de ma mort, elle consacre sa vie auprès de mon père qui mérite beaucoup d'affection.
Je tiendrais à ce que mon corps ou les débris de mon corps soient transportés dans le petit cimetière de Jardres, près de ceux qui me furent chers, et que l'on dépose sur ma tombe les fleurs que je préfère. Mais je tomberai peut-être entre les lignes, où les rats et les corbeaux se disputeront mes dépouilles, alors je serai enfoui dans la fosse commune.
Je veux que l'on pense quelquefois à moi comme l'on pense à un ami qui voulait vivre et qui maudit cette guerre qui m'a fauché avant de connaître la vie, en pleine santé et en pleine force.