Devant tant de dévouement et d'amour paternels et maternels, je n'ai montré souvent qu'ingratitude et désobéissance, que mauvaise humeur.
Malgré mon attitude froide, ne croyez pas que néanmoins la plus tendre affection n'existait pas chez moi. Avec l'expérience et l'âge, j'ai appris à vous connaître et à vous aimer. Je vous ai comparés aux autres parents. J'ai toujours trouvé que vous étiez les meilleurs et surtout ceux qui voyaient le mieux l'avenir de leur enfant.
Cette lettre vous arrivera si un accident m'arrivait. Gardez un bon souvenir de votre enfant cher qui vous aime de toute son âme et qui fut vraiment heureux entre petit père et petite mère.
Je vous remercie de vos prières pour que Dieu me conserve. Que Dieu vous bénisse!
Votre enfant qui vous embrasse mille fois tous les deux et qui pense toujours à vous.
ROGER.
Lettre écrite par le Sergent François CAYROL, 2e Zouaves, tombé au champ d'honneur.
5 Juin 1916.
Mes chers parents,
Je vous ai écrit hier à mon arrivée et avant-hier pendant mon voyage. Je suis en bonne santé; je suis bien reposé; je suis maintenant tout à fait à mon aise. Comme je vous l'écrivais hier, il y aura bientôt un renfort pour le front; je dois en faire partie.