Lettre écrite par Jean CONQUET, Aspirant au 122e Régiment d'Infanterie, quelques jours avant d'être frappé mortellement, le 7 Mars 1916, à Soupir (Aisne).

Celui qui tombe à l'ennemi ne meurt pas.

Si j'ai cet honneur insigne, je ne veux pas qu'on me pleure.

En faisant part de ma «perte glorieuse», on dira devant mon nom, mon grade et puis mes titres civils de licencié et diplômé de l'H.E.C, le tout suivi de la mention «tué à l'ennemi». Pas de flaflas, champ d'honneur, etc., la vérité, c'est tout.

On respectera la tombe de fortune que la bataille m'aura donnée. Sur nos tombeaux de famille, mon nom et l'endroit où je dormirai.

En face de mon nom, sur l'Annuaire H.E.C, on fera mettre la lettre «T» en italique et on demandera que cette indication remplace le «D» habituel pour tous les camarades tués à la guerre.

Mon deuil ne sera rien auprès de celui de l'Alsace-Lorraine pendant quarante-quatre ans.

C'est une joie de périr en refaisant la France.

Jean CONQUET.

Lettre écrite par l'Aspirant Jean CONTl, 7e Chasseurs Alpins, tombé au champ d'honneur le 5 Novembre 1916.