Mais il paraît qu'après cela on va descendre au grand repos, pendant quelque temps. Cette façon de procéder est peut-être meilleure. Je ne vois rien à te dire de plus, l'existence est si peu variée, heureusement!
Je ne peux, en terminant, que te dire de t'armer de courage et t'embrasser tendrement.
Ton fils qui t'aime,
JEAN.
Lettre écrite à sa femme par Louis DEROCHE, 27e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur, à Dolwing, le 20 Août 1914.
17 Août 1914.
J'ai reçu hier, au petit jour, le baptême du feu! Ce fut gentil tout plein. A la première décharge, un schrapnell, fusant sur mon escouade accroupie, traversa d'une balle le sac de mon camarade de gauche, déchira ma bretelle de fusil, rasa la figure du Caporal et d'un dernier plomb, le plus tragique, traversa le bras de mon vieux Faivre.
Pas une minute d'émotion!
…Nous sommes restés jusqu'à 3 heures de l'après-midi sous le feu de ces cochons-là. Qu'ils tirent mal et quelle inutile gabegie d'une marchandise qui coûte si cher!
…Ma compagnie, qui est des plus éprouvées, vient de se retirer en arrière et en réserve de façon à prendre un repos bien gagné.