Fernand FROIDEFON.
Paroles prononcées par un pupille de l'Assistance Publique, sur le champ de bataille, quelques secondes avant sa mort:
«Ecrivez à Monsieur Mesureur que G… est mort à Verdun, qu'il est perdu dans un grand champ de bataille comme un jour il fut trouvé dans la rue.»
CERTIFICAT DE M. LE DIRECTEUR DE L'ASSISTANCE PUBLIQUE
_Vous m'avez demandé d'attester l'authenticité des dernières paroles prononcées par mon pupille G…, tombé au champ d'honneur le 22 mai 1916.
Je m'empresse de vous adresser copie exacte de la lettre par laquelle le
Lieutenant VOISIN, du 36e Régiment d'Infanterie, me les a rapportées:_
_«J'avais toujours pensé, mais le temps m'avait manqué jusqu'alors, à vous entretenir des dernières paroles du jeune G…, un de mes excellents petits soldats et l'un de vos assistés. Il a été tué à Verdun, le 22 mai 1916, à l'attaque de la forteresse de Douaumont; il est resté avant le boyau de Vigouroux, notre objectif.
«En revisant mes notes de campagne, je retrouve le passage de sa mort et ses derniers mots. Je me fais donc un devoir, et c'est pour moi un honneur, de porter à votre connaissance la phrase ci-dessous que j'ai recueillie sur le champ de bataille:
«Ecrivez à M. Mesureur que G… est mort à Verdun, qu'il est perdu dans un grand champ de bataille comme un jour il fut trouvé dans la rue.»
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considération distinguée._