Tu crois en l'immortalité de l'âme, Maman chérie, seule l'enveloppe terrestre périt, l'âme demeure plus belle, plus pure.
Sois heureuse pour ton fils. Je veux de là-haut voir ma Mère calme devant cette mort, assez forte pour vaincre son émotion et pour dire encore: Vive notre belle France!
Je veux voir de là-haut notre cher Pays débarrassé de ses ennemis et son peuple renaître plus vigoureux et plus prospère.
Maman adorée, je reste auprès de toi. Frison n'est pas loin. Que ma pensée te soutienne pour être heureuse pleinement.
Adieu.
E. AUBER.
Lettre écrite par le Prêtre Marie-Dominique AUBERT, 18e Section d'Infirmiers militaires, tombé au champ d'honneur, le 18 Novembre 1916, à Rancourt (Somme).
18 Novembre 1916.
…Je ne me fais pas illusion, je sais que je serai plus exposé au danger … mais aussi je pourrai remplir un ministère plus fructueux, assistant les pauvres blessés et mourants, leur donnant les secours de la religion, leur ouvrant les portes du Ciel et remplaçant en quelque sorte auprès d'eux leur famille absente.
Quel beau ministère pour un prêtre!