…N'est-ce pas notre rôle de nous dévouer, de risquer notre vie? Que vaut-elle, après tout? N'avons-nous pas l'espoir d'une autre existence infiniment plus douce à ceux qui ont fait leur devoir ici-bas?

…De quel secours n'est pas la religion! Comme on la trouve belle, comme on l'aime, et comme elle réconforte!

Je communie très souvent, et j'y avais rarement trouvé de telles délices.

Cette guerre a une vertu morale très grande et il faut l'accepter comme un moyen de Dieu.

Peut-être, quand mon bateau coulera, aurai-je une angoisse atroce, insurmontable…. Mais, en ce moment, avec toute ma lucidité, sain de corps et d'esprit, je pense à cette heure sans amertume, le coeur en paix.

…Il aura appartenu aux enfants de vingt ans de régénérer la France. L'oeuvre accomplie, Dieu les rappelle à lui pour leur donner l'exquise récompense des martyrs.

…Priez un peu pour moi, non pas pour que le Ciel m'épargne, mais pour qu'il me fasse fort au moment du combat et à l'heure de la mort.

…Quand on est embrasé par la joie d'une vie future, on ne peut plus craindre la bataille.

Lettre écrite par le Sergent André LEGER, tombé au champ d'honneur, en 1915, devant Neuville-Saint-Waast.

Cher Papa,