Dernière lettre du Capitaine Henri MARQUIZAA, tué devant Loos (Belgique), le 20 Octobre 1915, à sa mère.

Chère Maman,

Si je meurs à la guerre, sache que mes dernières pensées auront été pour le bon Dieu, pour la France et pour toi.

Pour le bon Dieu à qui je demande de me mettre en état de grâce.

Pour la France que j'aurais voulu voir victorieuse.

Pour toi enfin que j'adorai et que j'aurais voulu embrasser avant de partir.

Ton HENRI.

Lettre écrite par le Caporal Léon-Roger MARX, 4e Zouaves, tombé au champ d'honneur le 27 Juin 1917.

J'ai découvert la beauté simple de cette volonté de tenir, de résister à sa sensibilité, de se dominer. Ne crois pas que cela m'ait rendu plus dur; mais j'ai été très content de voir que j'arrivais à ne plus craindre la tristesse, à ne plus me laisser noyer par elle, comme j'ai su, et je t'assure que j'en suis fier, n'avoir jamais peur du danger. Cet équilibre, je voudrais le garder toute ma vie sans pour cela que ma sensibilité s'amoindrisse….

Ne te frappe pas pour les bonnes années qu'on a passées si loin; d'abord, la France est si belle et nous a valu une si admirable formation morale et esthétique! Enfin, nous apprécierons mieux encore notre bonheur pour avoir vu et pressenti tant de choses tristes … tristes, tu sais.