Vous avez entendu sa touchante prière!
Voici le vrai moment, parlez pour moi, bon père!

LE COMTE, à la comtesse.

Je puis guérir vos maux,
Si vous croyez à ma science
Ils viennent de l'indifférence
Qui laisse votre coeur dans un fatal repos.
Et pour renaître à l'existence,
Il faut aimer, former de nouveaux noeuds.

LA COMTESSE.

Hélas! je ne le peux.
Naguère encor d'un éternel veuvage
Mon coeur fit le serment.

LE COMTE.

Le ciel vous en dégage.
Il ordonne que de vos jours
La flamme se ranime au flambeau des amours.

LA COMTESSE.

Surprise extrême!
Le ciel lui-même
Vient par sa voix me ranimer!
(A part.)
Toi, pour qui je soupire,
Toi, cause d'un martyre
Que je n'osais exprimer,
Isolier, je puis donc t'aimer!
Je puis t'aimer et te le dire!
Ah! bon ermite, que mon coeur
Vous doit de reconnaissance!
Par vos talents, votre science
Vous m'avez rendu le bonheur.

ISOLIER ET LE CHOEUR, à part.