[54] Voyez les niaiseries que débite là-dessus Paul Jove. Wierius, qui fut disciple d'Agrippa, dit que ce grand homme avait beaucoup d'affections pour les chiens; qu'on en voyait toujours deux dans son étude, dont l'un se nommait monsieur, et l'autre mademoiselle, etc.; et l'on a prétendu que ces deux chiens étaient deux diables déguisés. Si Crébillon eût vécu dans le quinzième siècle, on en eût dit autant de ses chiens. S. Roch est bienheureux d'être dans la légende, car le sien serait aussi un démon.

[55] Platine, et l'histoire du docteur Faustus.

[56] Cedrenus et St. Clément d'Alexandrie.

—Dans un monastère de l'ordre de Cîteaux, le Diable apparut un jour à un novice, sous la figure d'une queue de veau, qui semblait marcher comme une couleuvre. Cette queue, après avoir tiraillé le novice par son scapulaire, sans trop l'effrayer, lui sauta au nez, et s'évanouit brusquement… Un autre jour, le même moine vit un autre diable sous la figure d'un œil, gros comme le poing[57].

[57] Miracul. Cæsarii Heisterb. lib. VI.

—Saint Grégoire-le-Grand rapporte que le Diable se transforma un jour en laitue, et qu'une jeune religieuse le mangea en salade; ce qui eut de graves suites. La religieuse n'avait pas dit son benedicite: elle se trouva possédée du démon. Le saint homme Equitius la délivra. La légende dorée observe que, dans les exorcismes, on demanda au Diable pourquoi il était entré dans le corps de la jeune vierge, et que le Diable répondit:—Je n'y suis point entré; j'étais assis sur une laitue; elle m'a mordu et avalé[58]. Cette circonstance dément un peu saint Grégoire.

[58] Legenda, opus aureum Jac. de Voragine, auct. à Claud. à Rotâ. Leg. 130.

—Un capucin entra dans un cabaret sans la permission du prieur, et se mit à boire sans avoir fait préalablement le signe de la croix. Le Diable, qui le guettait, se jeta dans son corps, sous la forme d'un demi-setier de vin, et rendit le capucin si pesant, qu'il fallut dix hommes pour l'emporter[59]. Il fut délivré par saint Dominique.

[59] Qui vix à fratribus decem fuit deportatus. (Legenda aurea, 108, de sancto Dominico.)

—Le commentateur de Thomas Valsingham rapporte que le Diable sortit du corps d'un diacre schismatique, sous la figure d'un âne; et qu'un ivrogne du comté de Warwick fut long-temps poursuivi par un esprit malin, déguisé en grenouille. Leloyer cite quelque part un démon qui se montra, à Laon, sous la figure d'une mouche ordinaire.