[84] Pline, lib. 16, epit. 27.

[85] On sait que Thaïs fut une prostituée égyptienne, célèbre par ses talens dans le libertinage, et par une beauté extraordinaire. Elle fut convertie par saint Paphnuce. (les Bollandistes.)

—Le vieux monsieur Santois avait un lutin, ou, si l'on veut, un démon familier qui lui jouait de temps en temps des tours assez singuliers. Un jour qu'il voulait prier Dieu dans ses heures, son démon s'approcha avec adresse, et déchira trois fois le feuillet sous la main du bonhomme, mais si proprement, qu'on ne l'eût pas mieux coupé avec des ciseaux. M. Santois étonné, mit ses lunettes, pour examiner la chose plus attentivement; et à la vue de toute la famille, les lunettes sortirent du nez du vieillard, firent, en voltigeant le tour de la chambre, et s'allèrent arrêter dans le jardin, où on les retrouva avec les trois feuillets déchirés[86].

[86] Ce trait est plus longuement rapporté dans le Dictionnaire infernal: Prodiges.

Un autre jour, M. Santois mettait pour la première fois un habit neuf de taffetas plein. L'esprit le lui moucheta à vue d'œil, mieux qu'un brocheur n'aurait pu faire. Que répondre à tout cela?… que l'esprit était en humeur de jouer quand M. Santois voulut lire ses heures, et qu'il aimait mieux les habits mouchetés que les pourpoints unis[87].

[87] La fausse Clélie, tome 2, livre 2.

—Un jésuite, dans la description des mœurs japonaises, dit que, dans ce pays, les pèlerins portent à leur cou de petites planches, sur lesquelles leur nom est écrit, afin qu'ils puissent se reconnaître. Or, voici le motif de cette précaution. Quand les Japonais entreprennent un pèlerinage, ils le font toujours en très-grand nombre, parce qu'aussitôt qu'ils arrivent dans quelque désert, ils rencontrent une troupe de démons, de lemures, de spectres, etc. Cette bande monstrueuse est égale en nombre à la caravane des pèlerins; et chaque pèlerin peut y reconnaître son démon particulier, s'il l'a déjà vu.

Après que ces fantômes ont fait quelque pas avec les pieux Japonais, et qu'ils les ont bien examinés, ils changent tout à coup de forme, et prennent la figure humaine; mais tellement conformée, que chaque diable ressemble trait pour trait au pèlerin qu'il veut accompagner, et que chaque pèlerin voit son image bien exacte dans son diable. Cette métamorphose subite produit d'abord tant de confusion, que l'homme ne pourrait plus se reconnaître, ni se distinguer de son démon, s'il n'avait son nom au cou. On souffre pendant une heure l'espièglerie des diables; mais bientôt, comme les méprises occasionnent des disputes, et comme on n'aime pas long-temps à se voir double, les pèlerins se mettent à genoux, prient le chef des démons de rappeler ses gens: toutes les doublures s'évanouissent aussitôt, et la caravane continue paisiblement sa route[88].

[88] Pauli Sanfidii descriptio rituum et morum quæ in insulâ ad septentrionalem plagam japan servantur, etc. On donne cette extravagance pour ce qu'elle vaut. Paul Sansfoi la raconte très-sérieusement. Le lecteur en fera le cas qu'il jugera à propos.

—On a donné au Diable le nom d'esprit malin; s'il était vraiment méchant, il en porterait l'épithète.