[187] Notez qu'il était prince, et neveu du grand Constantin.

[188] Et super ea mingens ait: Ecce in quibus vasis Mariæ filio ministratur… (Leg. aurea.)

Mais on se forme en grandissant. Lorsqu'il fut empereur, il pilla les églises d'Antioche, et, faisant mettre les vases sacrés entre ses jambes, super ea sedit, et ignominiam addidit. Au même instant le ciel indigné livra Julien aux vers, qui se mirent à ronger le corps impérial, et dont il ne fut délivré qu'à la mort[189]… De plus, et toujours en haine des chrétiens (ou plutôt parce qu'il protégeait toutes les religions), Julien voulut rebâtir le temple des Juifs; mais il n'en put venir à bout, vu qu'un feu miraculeux brûla les ouvriers qui y travaillèrent. Enfin, lorsqu'il faisait la guerre aux Perses, il fut tué par une main invisible. Calixte, Pierre Wialbrugt et Jacques de Voragine disent que ce coup fut porté par le Diable, et que Julien périt de la griffe même de celui qu'il avait adoré[190]… Mais cette accusation, odieusement intentée contre le Diable, tombe d'elle-même, parce qu'elle est dénuée de preuves. Et Jacques de Voragine, qui l'admet ici, la rejette ailleurs, par cet esprit de contradiction si ordinaire dans les théologiens.

[189] Jacobus de Voragine, ibidem. Leg. 120.

[190] Calixtus, in historiâ tripartitâ. Petrus Wialbrugt, de morte apostatarum, cap. 19. Jacobus de Voragine, eadem, leg. 120. La citation de Pierre Wialbrugt n'est point garantie; elle a été donnée à l'auteur par un ex-R. P. jésuite.

Voici enfin la véritable et miraculeuse mort de Julien l'apostat. Saint Basile, étant allé de nuit visiter le tombeau de saint Mercure, n'y trouva plus les armes de ce vaillant martyr de Jésus-Christ (car ce Mercure-là avait été soldat). Basile, pensant qu'on les avait volées, se disposait à sortir, lorsqu'il eut une extase, où il vit sainte Marie entourée d'anges et de vierges. Elle était assise sur un trône, et disait:—Appelez-moi sur-le-champ Mercure, et dites-lui qu'il aille tuer l'empereur Julien, pour les blasphèmes qu'il ne cesse de proférer contre moi et contre mon fils[191]. Saint Mercure parut aussitôt, revêtu de ses armes, et prêt à remplir sa commission[192]

[191] Vocate mihi citò Mercurium, qui Julianum apostatam occidat, qui me et filium meum superbè blasphemat. Leg. 30. Jacobi de Voragine.

[192] Amphiloque et la chronique d'Alexandrie disent encore que saint Mercure, étant parti bien vite, revint au bout d'un peu de temps, et s'écria: «Julien est percé à mort comme vous me l'avez commandé.»

Saint Basile, sortant alors de son extase, alla de nouveau visiter le tombeau de saint Mercure, et l'ouvrit: le corps avait aussi disparu. Le gardien de l'église l'assura que personne n'y était entré, et que les choses étaient encore à leur place au commencement de la nuit… Et ce qui prouve, plus que tout le reste, la vérité de ce miracle, c'est que le lendemain on retrouva les armes où elles avaient habitude d'être, le corps dans le cercueil, et la lance du saint tout ensanglantée. Alors saint Basile publia la mort du tyran… En effet, peu de jours après, un messager arriva, qui apprit la défaite de l'armée et la fin malheureuse de l'empereur, tué par un soldat inconnu[193]

[193] Amphiloch. in vitâ S. Basilii. Chronic. Alex. Sozomen. Hist. ecclesiast., lib. VI, cap. 2. Fulbertus, in sermone de Deiparâ. Cæsarius Heisterb., lib. VIII, cap. 52. Jacobi de Voragine, auctâ à Claudio à Rotâ. Leg. 30. Mathæi Tympii præmia virtut. christian., etc. On n'a pris que la crème de tous ces bons et braves historiens, si tant est qu'ils aient jamais rien écrit d'historique.