--Seulement?
--Je préférais la méthode ordinaire.
--Tu avais tort,» ajouta en riant l'inconnu.
Éloi ne pouvant se résoudre à s'avouer vaincu, dit à ce singulier maréchal de passage: «Reste avec moi; je t'apprendrai quelque chose tout de même.»
L'autre consentit. Éloi, l'ayant installé, l'envoya presque aussitôt dans un village voisin sous prétexte de le charger d'un message, et attendit qu'il passât un cheval à ferrer pour faire ce qu'il avait vu faire et soutenir sa renommée.
Cinq minutes après, un cavalier armé de toutes pièces s'arrêta devant la boutique et dit à Éloi de ferrer son cheval, qui s'était déferré d'un pied de derrière. Éloi, au comble de la joie, s'approcha du cheval après avoir affilé son couteau. Le cavalier sourit; mais Eloi ne s'en aperçut pas; il prit la jambe déferrée et la coupa. La bête pousse sur-le-champ des hennissements pleins de douleur, le sang coule à flots, le cavalier s'emporte. Éloi, bien que surpris, ne voulut pas montrer sa honte. «Attendez, dit-il, cela ne sera pas long, et c'est la méthode la meilleure.»
Puis il mit le pied coupé dans l'étau, cloua le fer, et voulut recoller le pied ferré.
Le cheval était en fureur; le sang coulait toujours; déjà l'on voyait que la pauvre bête allait mourir.
«Ah! s'écriait le cavalier en colère, voilà une plaisante enseigne: Eloi, maître sur maître, maître sur tous. Si c'est là ta science, elle ne vaut pas grand chose et te coûtera cher.»