Éloi, désespéré, ne savait à quel saint se vouer, lorsque son nouveau compagnon revint du village où il l'avait envoyé.

«Vois, lui dit-il d'un ton triste, vois la besogne que j'ai faite. Je suis puni pour m'être cru aussi habile que toi.

--Ce n'est rien, répondit l'autre; je vais réparer le mal.»

En un instant, la jambe coupée fut remise en bon état, et le cheval rétabli. Ce que voyant, Éloi avait pris une échelle et un marteau; sur l'échelle il monta jusqu'à son enseigne; avec le marteau, il la brisa en mille pièces et dit: «Je ne suis pas maître sur maître; je ne suis plus qu'un compagnon.»

Le cavalier était à cheval; l'ouvrier inconnu, transfiguré soudainement, jeune, beau, brillant, la tête ceinte d'une auréole, monta en croupe, et dit à Éloi d'une voix qui répandait des parfums dans les airs et chantait comme la douce musique des orgues: «Éloi, tu t'es humilié; je te pardonne. Dieu seul est le maître des maîtres. Marche dans les sentiers de l'Évangile; sois doux et juste; je ne t'abandonnerai pas.»

Éloi voulut se jeter à genoux. L'ange et saint Georges, qui était le cavalier armé de toutes pièces, avaient déjà disparu.

A partir de ce jour, Eloi n'eut plus d'orgueil.

IV

Suite de l'histoire de saint Éloi.