Toutefois, on ne connaît pas sur Geneviève de légende populaire en prose qui ait été écrite dans le style des romans du moyen âge.
Le récit que vous allez lire ici est, à peu de chose près, l'oeuvre du Père de Cerisiers, qui vivait sous Louis XIII et sous Louis XIV, et qui a publié en 1646 l'Histoire de Geneviève ou l'Innocence reconnue. En faisant disparaître quelques longueurs, en ajoutant quelques détails qui jettent un peu de clarté sur les parties les plus obscures de cette histoire, et enfin en retouchant un peu le style de l'auteur, on n'a pas altéré la couleur de son récit, et on n'a, au fond, rien changé que pour mieux conserver l'ensemble.
Petits enfants, apprenez donc à la fois, en lisant la vie de Geneviève de Brabant, à savoir souffrir sans cesser d'être vertueux et sans vous décourager, et aussi à raconter simplement les belles actions.
GENEVIÈVE DE BRABANT.
I
Naissance et premières années de Geneviève.
Vers le temps où la gloire du grand Clovis commençait à s'obscurcir, et où les enfants de ce monarque dégénéraient en courage, dans une des provinces de la Gaule Belgique, qui fut autrefois le pays de Tongres [5], naquit une fille des princes de Brabant. A peine cette petite créature vit-elle les rayons de la lumière, que ses parents la firent baptiser. Elle devint ainsi fille du ciel, et, par la grâce divine, elle reçut le doux nom, le beau nom de Geneviève.
Note 5:[ (retour) ] Il existe encore une petite ville de Tongres, en Belgique, dans le Limbourg, entre Liége et Maestricht.
Tout de suite de gracieuses vertus lui vinrent, et, avant toute autre vertu, une dévotion pleine de délicatesse. C'était assez d'être raisonnable pour n'être plus pécheur après l'avoir admirée. Le plus doux plaisir qu'elle connût, c'était l'amour de la retraite et de la solitude.