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Anéanties, elles revivent! C'est bien là, en effet, le miracle qui s'accomplit tout au long de notre front martelé, où avec le poète on eût été tenté de répéter: Sunt lacrymae rerum! Mais ces larmes, parce qu'elles sont une manifestation de souffrance, sont encore une preuve d'amour et portent en soi, par le fait même, des promesses de vie.

Hindenburg avait dit: «On ne fait pas la guerre avec de la sensibilité.» Les ruines que sema son armée en sont la démonstration vivante; mais dans leur désarroi, nos pierres crieront plus encore que la barbarie de l'Allemand, la belle fidélité de nos populations du Nord et de l'Est qui, émues, elles aussi, de la grande pitié de la terre de France, reviennent dans leurs villes et dans leurs villages afin de réédifier, sur l'emplacement de leur foyer détruit, le nouveau foyer où elles entretiendront, durant une longue paix, le feu sacré de la vie.

Ce 16e décembre 1919.

René GOBILLOT.


TABLE DES DESSINS

[1]Lens.—La fosse no4.
[2]Douai.—La place du marché.
[3]Cambrai.—La cathédrale.
[4]Arras.—La petite place, L'hôtel de ville et le beffroi.
[5]Albert.—Les ruines de Notre-Dame de Brebières.
[6]Péronne.—Place de l'Hôtel-de-Ville.
[7]Montdidier.—Vue générale.
[8]Saint-Quentin.—La Collégiale vue de la rue Saint-André.
[9]Soissons.—La cathédrale et la rue de la Buerie.
[10]Chateau-Thierry.—Rue du Maréchal-Pétain.
[11]Reims.—La cathédrale vue des ruines de l'archevêché.
[12]Verdun.—Rue Saint-Paul.

Tirage limité a 300 exemplaires