[129] Le poète Auvray s'en prend encore, avec sa vigueur haineuse, à l'ardeur vivace et éternelle du parti huguenot. Il va jusqu'à exalter l'utilité de la Saint-Barthelemy:
| ........... Et puis ces Lestrigons |
| Se disent reformez! O tigres, ô dragons! |
| Helas! combien de fois vos sanglantes furies |
| De nos temples sacrez ont fait des boucheries! |
| Le sang y fume encor, et, sans verser des pleurs, |
| Je n'en peux dans mes vers exprimer les malheurs. |
| . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . |
| Quoy! secouer le joug des monarques puissants, |
| Mesurer vostre foy à l'aune de vos sens, |
| Vous donner tout en proye aux charnelles délices, |
| Violer nos tombeaux, dérober nos calices, |
| Fouler l'hostie aux pieds, enfoncer, inhumains, |
| Au sang des innocents vos homicides mains, |
| Et mesdire des roys d'une rage animée: |
| Appelez-vous cela l'Eglise reformée? |
| Vous nous reprocherez la Saint-Barthelemy; |
| Mais ce brasier ne fut allumé qu'à demy: |
| C'estoit lors que devoit et que pouvoit la France |
| Exterminer ce monstre au point de sa naissance. |
| Ce feu devoit s'esteindre avant qu'il fût plus grand: |
| Par trop starer la playe incurable on la rend. |
| La moisson, dira-t-on, n'etoit point encor meure. |
| Si falloit-il ce chancre amputer de bonne heure, |
| Il n'auroit pas gaigné les membres principaux. |
| (Le Banquet des Muses, ou les divers satires du sieur Auvray, etc. Rouen, 1627, in-8, p. 271.) |
L'opinion exprimée si énergiquement dans ces derniers vers étoit partagée par tout le parti catholique. Dans l'Epistre dedicatoire au Roy, de son livre: Les principaux points de la foy de l'Eglise catholique défendus contre l'escrit adressé au Roy par les ministres de Charenton, 1618, in-12, Richelieu tient à peu près le même langage: il rend les protestants responsables de la Saint-Barthélemy.
[130] Pierre Du Moulin, en effet, l'apôtre du parti réformé à cette époque, instruit par Drelincourt que le roi, prenant ombrage du synode calviniste qu'il avoit présidé à Alais, en 1620, vouloit le faire arrêter, s'étoit retiré à Sedan, où le duc de Bouillon le fit professeur de théologie et ministre ordinaire. Il continua d'y surveiller les affaires de son parti et de les diriger, comme s'il eût été encore dans son prêche de Charenton et évêque de Paris en espérance, ainsi que le disoit un petit libelle de 1618: Les Œufs de Pâques adressez au ministre Du Moulin, etc. (Recueil Y, p. 174). Après la déroute de Soubise, il parut un manifeste soi-disant émané de lui: Lettre d'avis donné à tous les ministres de France et autres de la religion prétendue réformée, par le sieur Du Moulin, ci-devant ministre de Charenton, sur la défaite des troupes des sieurs de Soubise et Favas, Paris, J. de Bordeaux, 1622, in-8.
[131] Les receveurs y faisoient de très gros profits; aussi le sel devenoit-il chaque jour plus cher et les plaintes plus fréquentes. «Les laboureurs n'ont pas de quoy payer leurs tailles et acheter du sel.» (Avis donné à M. de Luynes par un fidèle serviteur du roy, et amateur du repos public.—Recueil Z, p. 152.)—Le nombre des faux sauniers augmentoit. Dans la Guienne, un pauvre diable s'etoit fait leur chef; on l'avoit pris et on lui avoit mis sur la tête une couronne de fer rougi. (Cosmographie de Thevet, liv. 14, ch. 4, «de Bourdeaux».)—Dans le Berry, il y avoit eu, en 1612, une révolte à cause d'eux. (Lettre de Malherbe à Peiresc, p. 224.)
[132] Var. Tout ce qui termine cet alinéa manque dans le Recueil général.
[133] On appeloit ainsi les soldats de hazard à l'aide desquels, les jours de revue, les capitaines complétoient leurs compagnies. Une ordonnance de 1688 les condamna à être marqués d'une fleur de lys à la joue.
[134] Var. Ce qui termine cet alinéa est remplacé, dans le Recueil général, par: Attendu que l'encre et le papier venoient à me manquer, c'est pourquoy je remis le tout à une autre fois.
[135] Cette troisième partie a pour titre dans le Recueil général: La troisiesme journée et visitation de l'accouchée.
[136] Var. Au lieu de meuniers, le Recueil général porte: basse étoffe.