[210] Vive comme l'émérillon, sorte de faucon.
[211] Le paroistre, comme il est dit ici, étoit le ridicule de l'époque. D'aubigné s'en prend surtout à cette manie d'ostentation, dans son Baron de Fæneste. Le nom même du héros, qui n'est que le verbe grec signifiant paroitre ingénieusement francisé, en est une preuve. Dans un livret très rare du même temps, on s'explique ainsi, de la façon la plus claire, sur le mot et sur la chose: «... Un ramoneur lombard, entendant les merveilles des bottes..., jura... qu'il se viendroit icy naturaliser et en achepter deux paires pour se rendre estafier chez quelque honneste homme à bottes, et tascher par ce moyen de parestre (c'est le mot qui court) et faire ses affaires s'il pouvoit.» La mode qui court à présent et les singularitez d'icelle, ou l'ut, re, mi, fa, fol, la, de ce temps, Paris, Fleury Bourriquant, 1613, in-12, p. 12.
[212] C'est-à-dire se donnant des airs de commandement. La pique de Biscaye étoit, sous Charles IX, l'arme des colonels.
[213] Louis XIII, en cela, n'eût fait qu'imiter son père, qui ne fit pas moins de trois édits contre les clinquants et dorures: l'un en 1594, le second en 1601, le troisième en 1606. C'est de ce dernier, enregistré au Parlement le 9 janvier 1607, que Régnier a parlé dans sa 8e satire, v. 72:
| . . . . . . . . . . . A propos, on m'a dict |
| Que contre les clinquants le roy faict un edict. |
Le projet d'ordonnance dont il est question ici fut, du reste, réalisé quelques années après, en 1627. Nous trouvons à la suite d'une pièce parue alors, le Tableau à deux faces de la foire Saint-Germain, etc., Paris, 1627, in-12, p. 10, une Consolation aux dames sur la réformation des passements et habits qui venoit d'avoir lieu par ordonnance royale.
[214] C'est le même artisan, l'un des plus riches alors, qui est nommé dans ce passage de la 16e satire de Régnier:
| Suis jusques au conseil les maîtres des requestes. |
| Ne t'enquiers, curieux, s'ils sont hommes ou bestes, |
| Et les distingue bien: les uns ont le pouvoir |
| De juger finement un procès sans le voir; |
| Les autres, comme dieux, près le soleil résident, |
| Et, démons de Plutus, aux finances président: |
| Car leurs seules faveurs peuvent, en moins d'un an, |
| Te faire devenir Chalange et Montauban. |
Ce dernier ne s'appeloit Montauban qu'à cause de sa ville natale; son vrai nom étoit Moysset. Il étoit trésorier de l'Epargne. V. la Chasse aux larrons, p. 21.
[215] Chalange se méloit de toutes ces grosses affaires; il achetoit pour ainsi dire la promulgation de tout édit onéreux, et tenoit compte d'une part des profits aux ministres à qui il l'avoit fait rendre. Sa faveur étoit ainsi devenue très grande à la cour. «Ainsi voit-on que Chalange et autres tels partisans, dit le Contadin provençal, ont plus d'accès aux favoris que les grands et les vieux conseillers de l'Etat.» (Recueil cité, p. 98.)