«Eh! parbleu, dit le centaure, qui n'avait pas encore ouvert la bouche depuis une heure, rapin vient de rat

Un éclat de rire général accueillant cette explication étrange, le centaure ajouta avec un sang-froid imperturbable:

«Ma foi, si ce n'est pas ça, qu'est-ce?»

L'argumentation était positive, et il n'y avait rien à répondre. Personne de nous n'étant en état de proposer une explication plus satisfaisante, l'hilarité n'avait pas d'excuse. Aussi, pour sortir d'embarras, me hâtai-je d'ajouter:

«Mais, mon cher, pin, que faites-vous de pin, dans cette affaire?»

Ce fut le centaure, cette fois, qui partit d'un éclat de rire.

«Pin? dit-il, c'est là ce qui vous embarrasse? Comment! rat qui peint; rapin, vous ne comprenez pas?»

Et il reprit aussitôt sa position, qu'il n'avait quittée un instant que pour nous faire plus en face sa réponse dédaigneuse, ne se doutant pas de l'énormité de son calembour.

Plusieurs témoins de la scène que je raconte, après quelques minutes de réflexion, déclarèrent se ranger à l'opinion du centaure. Et au fait, pourquoi pas? Combien d'expressions, passées aujourd'hui dans la langue, sont fondées sur des jeux de mots beaucoup moins raisonnables que celui-là!