—Quant à votre amende... on vous la payera, votre amende... On n'en est pas encore réduit à manger des coquilles de noix...»
La Saint-Robert va se placer dans la salle pour admirer sa fille, et voir la pièce tout à son aise. Mais elle ne peut pas rester seule dans son coin. A qui communiquerait-elle ses impressions? à quelle oreille complaisante confierait-elle ses observations malicieuses? Elle aperçoit de l'autre côté de l'orchestre madame de Saint-Jullien, mère de l'une des camarades de sa fille, et qui bégaye au point de ne pouvoir dire deux mots de suite. C'est son affaire; elle aura tous les avantages de la conversation. Elle court s'asseoir auprès de madame de Saint-Jullien.
L'ouverture va commencer... l'orchestre prélude...
«Bon, dit la Saint-Robert, j'arrive à point... éh! éh! éh!
—Silence! s'écrie le régisseur.
Un énorme coup de tam-tam annonce le commencement de l'ouverture.
«Tiens, dit la Saint-Robert, c'est absolument comme dans Burg ou les Javanais.
—Silence! s'écrie le régisseur.
La toile se lève. Un décor nouveau étale dans le fond du théâtre toutes ses magnificences. Les spectateurs privilégiés qui garnissent quelques parties de la salle le saluent de deux ou trois bordées d'applaudissements. Le directeur et l'auteur félicitent à haute voix le peintre, et vont lui serrer cordialement la main.
«Oui... il est propre votre décor... dit la Saint-Robert. J'ai vu mieux que ça dans mon temps au Panorama-Dramatique.