—Par où donc que vont ceux-là, avec leurs manchettes d’écrivains publics... pour pas se salir... comme y sont en bon ordre! Ah! y vont tirer les beaux canons qui sont dessus les bords des fossés de l’Hôtel... C’est fête... fête militaire. Si vous saviez comme y sont joyeux d’entendre les bruits de cette canonnade! On voit sur leur physionomie les souvenirs belliqueux des tremblements de l’empire... Derrière les calonniers, il y a d’autres invalides qui font tout plein de ronds sur le sable avec leur canne...
—«On a fini de tirer le canon... on fait la fine partie de boules et de quilles... Ah! mon Dieu, de Dieu, de Dieu!... en v’là un sur l’dos... tiens, y rit comme un bossu... quoi qu’y dit?... C’est la boule qui s’est trompée de quille.... ah! ah! ah!.... y rit toujours.
—«La nuit, en v’là un qui va se coucher... Il met sur son nez une chenue paire de lunettes à un seul verre... Ah! il relit les Moniteurs de la Grande Armée. Il paraît qu’il aurait une superbe envie de dormir: il bâille et se détire les bras et les jambes comme si qu’il en avait... Il pose la tête de dessus son traversin... Tiens, il oublie d’éteindre sa lumière... Qu’est-ce qu’il fait là, il se gratte le nez... Non, y retire ses lunettes. Oh! en v’là une soignée!... il vient de mettre son nez sur la chandelle,... une éteignoire d’argent: plus que ça de genre!... V’là qui dort!... Bonsoir...
—«Allons, en v’là encore un sans bras qu’a la manie de se les croiser sur la poitrine pour ressembler à son empereur.