[532]Authaire le roy de Lombardie envoia messages au roy Gontran pour renouveler pais et concorde. Le roy les reçu volentiers, puis les renvoia au roy Childebert son neveu, pour ce que il voloit que l'aliance fust faite par son assentiment. [533]Tandis que les messages furent en France, ce roy Authaire morut par venin, comme aucuns cuidièrent, en une cité du païs qui est nommée Thicine. Tantost comme le roy fu mort, les Lombars envoièrent autre message au roy Gontran, pour ce que ils nunçassent au roy la mort Authaire, et renouvelassent la pais derechief et la concorde. Le roy les reçu honorablement, et leur proumist que il garderoit endroit soi fermement et loiaument la concorde que il avoit à eus fermée. Mais, ne sai combien de tems après, ne tint pas ceste convenance.
[Note 532: ] [(retour) ] Aimoini lib. III, cap. 78.--P. Diacre, lib. III, cap. 17.
[Note 533: ] [(retour) ] P. Diacre, lib. III, cap. 18.
[534]Quant le roy Authaire fu mort, Theudelinde la royne qui assez avoit la favour et la grâce des Lombars, prist à seignour un duc de Turin qui avoit nom Agilulphe et Ago, par le gré et par l'assentiment des barons de Lombardie. Celui-ci qui estoit noble homme et bon chevalier, fu en tele manière roy de Lombardie[535]. A cette royne Theudelinde envoia mesire saint Grigoire trois livres de son dialogue, pour ce que il savoit bien qu'elle estoit abandonnée et ferme à la foi de J. C. et ornée de bonnes mœurs et de bons fais.
[Note 534: ] [(retour) ] Aimoini lib. III, cap. 79.--P. Diacre, lib. III, cap. 18.
[Note 535: ] [(retour) ] P. Diacre, lib. IV, cap. 2.
[536]En ce tems brisèrent et robèrent les Lombars l'abaie de Mont-Cassin, dont mesire S. Beneoit fu abbé long tems devant: tout ravirent ce que ils purrent prendre: mais onques nul de moynes de léans tenir ne purent; pour ce que la prophétie que mesire S. Beneoit avoit devant dite fust accomplie, qui telle fu: «Je ai,» dist-il, «à paines empétré vers notre Seignor que les ames de cest lieu ne fussent perdues à perdition.» Les moynes guerpirent l'abaie et s'enfuirent à Rome; avec eus emportèrent le livre de la riule[537], que le saint homme avoit compilé et aucuns autres escris, le poids du pain, la mesure du vin, et tout ce que ils purent emporter de leurs choses. Cette abaie de Mont-Cassin gouverna, après monseigneur saint Beneoit, un abbé qui eut nom Constentin, le troisiesme Suplice, le quart Vitale, le cinquiesme Bonin: au tems de cestui fu le lieu destruit, comme vous avez oï.
[Note 536: ][(retour) ] 536: P. Diacre, lib. IV, cap. 6.
[Note 537: ] [(retour) ] Riule. Règle.
[538]Au trente-deuxiesme an du règne le roy Gontran, le cours du soleil devint si petit que à paine en parut-il la tierce partie: et dura cet éclipse du matin jusques à midi.